CDEM

Planifiez votre voyage

VIVRE L'ÉTÉ | Le Manitoba répond désormais

Tiré de La Liberté du 23 au 29 juillet 2014

VIVRE L’ÉTÉ

Le Manitoba répond désormais

Pierre-Albert Tremblay a contemplé le rêve de Louis Riel, savouré les Plaines de Gabrielle Roy et constaté l’accueil chaleureux des Franco-Manitobains. Portrait d’un Québécois de passage au Manitoba.


photo : Daniel Bahuaud

Pierre-Albert Tremblay

Daniel BAHUAUD
redaction@la-liberte.mb.ca

« Le premier livre de ma vie s’intitulait Le Manitoba ne répond plus, une bande dessinée d’Hergé, déclare le Québécois, Pierre-Albert Tremblay. J’ignorais ce qu’était réellement le Manitoba, mais depuis ce temps, le mot est toujours resté gravé dans ma mémoire. »

De passage au Manitoba en juin, le résidant de Lac-Mégantic dit avoir senti « l’ambiance, paisible et sereine » de Saint-Boniface, ainsi que l’accueil des Franco-Manitobains.

« Que ceux qui ignorent encore qu’il y a une culture franco-manitobaine se le tiennent pour dit, lance Pierre-Albert Tremblay. À la librairie À la Page on m’a accueilli avec gentillesse en souriant à mon accent et en me donnant longuement une foule de précieux renseignements. Au Café Postal, le serveur rimouskois ne quitterait pas Saint-Boniface pour tout l’or du monde. Au Garage Café, un postier anglophone m’a confié dans un excellent français qu’il n’y a rien comme parler les deux langues. Il en était même venu à épouser une francophone. J’admire cette volonté admirable de résister à l’assimilation, et ce désir de perpétuer une identité et de ne pas sombrer dans la Walmartisation de la culture. Il y a une leçon pour bien des Québécois. »

Pierre-Albert Tremblay a également profité de son séjour à Saint-Boniface pour visiter la Cathédrale de Saint-Boniface, le Centre culturel franco-manitobain et le tombeau de Riel.

« Chez De Gagné Motors, on m’a cordialement offert le stationnement de son commerce, en lançant, «Laisse ton char icitte pis va te promener», explique-t-il. C’est ce que j’ai fait. J’ai pu contempler le rêve fou de Louis Riel, Gabriel Dumont et les autres qui imaginaient un nouveau pays fondé sur le mariage de deux peuples. Oublions le romantisme; on sait très bien que leur épopée était semée de grandes violences, mais quand même l’idée était là. Les Métis en sont nés. Saint-Boniface est pour moi la porte magique de cet empire échappé. »

Pour le Québécois, se rendre à la Maison Gabrielle-Roy était également une escale incontournable. « Quand j’ai lu Gabrielle Roy, la magie du Manitoba s’est renforcée, souligne-t-il. Aux paysages démesurés, décrits dans mon livre de géographie du primaire, s’ajoutait la réalité de mes cousins manitobains avec leurs compatriotes écossais, anglais, ukrainiens, mennonites. C’était un privilège de visiter sa maison d’enfance, et de suivre ses traces dans le Vieux Saint-Boniface.

« Assis à la terrasse de Chez Sophie, dans le calme le plus pur, j’ai regardé des gens passer tranquillement à vélo et j’entendais le bruissement léger des feuilles, poursuit Pierre-Albert Tremblay. Je jouissais d’être au pays des chênes. Depuis mon retour au Québec, je ne cesse de dire à qui veut l’entendre que la meilleure cure contre le stress, c’est le Manitoba de nos cousins. C’est d’ailleurs Chez Sophie que j’ai décidé : je vais passer tout un été au Manitoba. Je referai le chemin des pionniers et j’offre mes services à qui veut bien m’engager. J’adopte la Plaine et je me prends un bon café sur la Provencher. «Un beau matin vous verrez les voiles de mon voilier», comme dit Daniel Lavoie. J’irai vivre mon Manitoba, tout un été. Et je serai comme tout le monde, un Métis. »

Commandez votre magazine

Feedback Form